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Via le communiqué officiel :

Plus de 80 groupes de la société civile au Québec et en Ontario, ainsi que des Premières Nations, ont diffusé une lettre adressée au premier ministre qui condamne l’approbation récente du projet de renversement de la ligne 9 d’Enbridge par l’Office national de l’énergie (ONÉ). La lettre demande de nouvelles audiences de l’ONÉ sur le projet de pipeline. Enbridge a récemment confirmé que du pétrole de schiste de la formation de Bakken, dans l’ouest, circule dans l’oléoduc jusqu’aux raffineries de Montréal.

Les groupes appellent Justin Trudeau et le gouvernement à tenir leur promesse électorale de revoir le mandat de l’ONÉ pour y inclure les effets en amont et en aval de l’exploitation des sables bitumineux, tant pour les pipelines déjà existants que pour les nouveaux projets. La ligne 9 est un oléoduc vieux de 40 ans, maintenant réutilisé pour transporter du pétrole de schiste potentiellement explosif de Bakken, ainsi que du bitume dilué corrosif des sables bitumineux, mais qui n’a jamais été conçu pour de tels usages. Richard Kuprewicz, un expert américan en pipelines, a évalué qu’il y a 90% des chances pour que la ligne 9 connaisse un déversement majeur dans les cinq premières années de son opération.

Les auteurs de la déclaration insistent: « L’approbation du projet d’inversion de la canalisation 9B et l’autorisation d’exploitation actuellement en vigueur sont des décisions qui ont été imposées aux résident.e.s du Canada par un organisme réglementaire non-élu, composé d’acteurs biaisés provenant de l’industrie qui priorisent les buts et objectifs de cette industrie. Vous nous avez informé.e.s qu’« il est important que [le gouvernement fédéral] reconnaisse ses erreurs lorsqu’il en fait ». Nous avons la conviction profonde que les actions du gouvernement précédent pour modeler la structure et le fonctionnement actuels de l’ONÉ ont résulté en une décision erronée qui menace les communautés, les sources d’eau potable, les écosystèmes locaux et la planète. Nous vous demandons non seulement de reconnaître cette erreur, mais aussi de prendre rapidement les moyens nécessaires pour la corriger. »

Les organisations signataires appellent le gouvernement fédéral à mettre un frein à l’opération de la ligne 9 d’Enbridge jusqu’à ce qu’une évaluation appropriée soit faite pour s’assurer que :

  • la santé et la sécurité de millions de gens le long de la ligne 9 soient proprement protégées;
  • les droits inhérents et issus de traités des communautés autochtones soient respectés; et que
  • l’impact de l’exploitation des sables bitumineux soit proprement évalué.

Une résistance sans relâche de la part des Premières Nations et des activistes environnementaux à travers le pays ont empêché la ligne 9 et d’autres projets de pipelines d’obtenir l’approbation des communautés les plus affectées, essentielle dans une société démocratique.

Une copie de la lettre adressée au premier ministre est disponible ici

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